Session 2016/Territoire coopération et transitions

De Forum des Usages Coopératifs

Version du 8 août 2016 à 18:55 par Vote (discuter | contributions)

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Coordination : Michel Briand, Laurent Marseault, Jean-Michel Cornu



  • Présentation :

Dans les territoires de multiples initiatives esquissent des transformations possibles autour des transitions. Dans l'école, l'entreprise, les services publics, les associations les acteurs de ces mouvements des transition émergent mais restent souvent locaux. Comment développer une culture partagée qui gagne en visibilité, qui décloisonne et soit reconnue comme un moteur du développement local et des solidarités ? Quelles nouvelles relations entre acteurs et décideurs ? Quel rôle donner à une culture du partage et des communs ?


une session coordonnée par  : Michel Briand, Jean-Michel Cornu, Laurent Marsault

et co-animée avec Louise Didier, Bernard Brunet, Gatien Bataille, Elzbieta Sanojca, Lilian Ricaud Simon Sarrasin, Tiriad, Collporterre, Pierre Antoine le Page et Rémy Gerbert (wikimedia france)

  • pour s'inscrire à la liste d'échange autour de la préparation de la rencontre : territoires@forum-usages-cooperatifs.net



Construction de la session


  • Mercredi 6/07, 10h30-12h30 :Y a-t-il une culture partagée de la coopération et des communs aux acteurs de la transition ?
    • Description
      • Pourquoi : à quel problème çà répond ?
      • Ce qui nous motive
      • Qui : professionnels, militants et non militants
  • un temps d'expression tour de table (qui, 3 mots clés) 10 mn
  • le jeu de pelotes 10 mn
  • ce qui nous motive 30 mn
  • nos projets collectifs 30 mn


  • Jeudi 7/07, 10h30-12h30 : Cartographie de ce qui nous rassemble ou non ?
    • Description
      • Quelles convergences ?
      • Quelles particularités ?
      • Quelles divergences


  • Vendredi 8/07, 10h30-12h30 : Ce que cela change  ?
    • Description
      • Quelles transformations de nos organisations, de nos pratiques ?
      • Quels rôles pour les acteurs et pour les décideurs ?
      • Nouveaux leviers, nouveaux modes de projets ?


Synthèse de la session

TERRITOIRE, COOPÉRATION ET TRANSITION Tentative de synthèse des trois matinées de session au Forum des Usages 2016

Question de départ : A l'échelle des territoires locaux, différents types de réseaux peuvent se reconnaître comme œuvrant pour la transition et les communs. Pour autant leurs acteurs ne se croisent que trop rarement, chacun fonctionnant dans son « silo ». Comment faire donc pour que les acteurs « LSDC » comme « Libre » (logiciel libre, communs informationnels, objets open-source…), « Solidaire » (ESS, insertion, social, solidarités…), « Durable » (environnement, énergies renouvelables, développement durable…) et « Culturel » (culture durable, médiation culturelle…) se rencontrent et travaillent ensemble au bien commun territorial dans une perspective de transition ?

Premiers éléments de réponse :

  • Les acteurs peuvent se retrouver dans quatre niveaux d'action différents :
  • la transition individuelle en travaillant sur l'émancipation et la recherche du bonheur,
  • en recherchant à produire du lien entre les collectifs grâce au partage et à la mutualisation,
  • la transition collective en repérant les initiatives pour « donner à voir » et en travaillant à des formes de gouvernance territoriale des communs,
  • en cultivant les interactions avec les autres groupes et le politique.

Les questions mises en débat :

  • Comment faire pour que les institutions (les Politiques) ne soient pas coupés de la réalité, comprennent les enjeux de la transition et acceptent l'idée d'une gouvernance partagée des communs territoriaux ? Comment repérer les institutions publiques capables d'engager une réelle transition ?
  • Peux-t-on opposer les collectifs au Politique, peut-on faire confiance aux institutions pour être des acteurs de la transition, quelles complémentarités entre institutions et collectifs ?
  • Comment faire, sachant que les citoyens et les politiques sont condamnés à travailler ensemble, pour que les collectifs militants ne s'enferment pas dans leur seule logique et apprennent à travailler avec les autres ?
  • Comment faire pour que les citoyens « s'autorisent à faire », faut-il identifier les objectifs de chacun pour identifier les objectifs communs, les besoins individuels sont-ils compatibles avec les besoins collectifs ?
  • Faut-il privilégier la changement individuel ou l'action collective ? Comment travailler dans ces deux dimensions à la fois ?
  • Quelles modalités et quels outils de coopération pour faire ensembre, quel langage pour s'adresser à quels publics et se comprendre ?
  • Comment assurer la pérennité d'une action et faire vivre un écosystème de débat et de coopération ?
  • La transition ne peut-elle démarrer que de « la base » ou bien peut-elle être virale, multi-scalaire, initiée à différents niveaux ? La transition écologique est-elle compatible avec la transition numérique ?
  • Est-ce la recherche du pouvoir ou bien celle de l'intérêt collectif qui doit être le premier moteur de l'action collective ?

Les réponses apportées par les groupes de travail :

  • La transition a besoin de nouvelles compétences et que les acteurs adoptent de nouvelles postures : une approche systémique et polyvalente, la bienveillance et la partage sincère, la coopération et le « copiage » sur les autres, apprendre à se connaître (analyse des pratiques, reconnaître ses erreurs, travailler sur les identités…) pour faire avec les autres, apprendre la frugalité, oser la désobéissance, repérer les espaces de liberté, accepter le temps long…
  • La transition exige de développer de nouveaux métiers : décrypteurs de complexité, passeurs et lieurs, rafraichisseurs, révélateurs et semeurs de doute, aiguilleurs, attrapeurs, inspirateurs, facilitateurs et huileurs de rouages, concierges, essaimeurs, donneurs de rythme, accrocheurs de systèmes, traducteurs culturels, commoners, architectes et modélisateurs, diablotins, déchaineurs et pompiers, tiers de confiance…
  • Mais tout cela exigera de lever les blocages des hiérarchies et des habitudes, de questionner le statut du travail et de l'emploi, d'apprendre à répondre autrement aux besoins, de trouver comment gagner sa vie avec ces nouveaux métiers, d'apprendre à désobéir et parfois de vivre avec le mal de mer, de choisir entre transition et révolution, d'apprendre l'improvisation, de questionner la question du pouvoir…

Le rapport d'étonnement et questions à suivre :

  • On s'y retrouve, mais comment faire pour concilier cette transition et la réalité économique de tous les jours (gagner sa vie) ?
  • En tous cas l'exercice est revigorant, stimulant et ouvre le champ des possibles.
  • Mais comment expliquer tout ça au plus grand nombre et sortir de l'entre-soi ? Comment inclure celles et ceux qui n'ont pas les codes ?
  • Comment définir les nouvelles modalités du faire ensemble, favoriser le droit à l'expérimentation, concilier évolution personnelles et collective ?
  • Comment gérer la frustration et la violence ?
  • Comment partager mieux nos expériences et mutualiser la veille ?
  • Comment multiplier les petites expériences irréversibles de transition et stimuler l'intelligence collective ?


Ressources

  • liens vers des ressources externes