Contrib:Des grainothèques en pays de Brest ! (projet grain@Brest)

De Forum des Usages Coopératifs

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Forum des usages, édition 2014

une contribution de Corfec Stéphanie , Molho Elise

Présentation

Cette fiche a été rédigée à deux : Stéphanie Corfec (documentaliste à l'ADEUPa de Brest et co-animatrice du réseau doc@brest) et Elise Molho (Bibliothécaire à la bibliothèque de Saint-Marc à Brest)

Description du projet

Graines libres!

Des grainothèques en pays de Brest ! (projet grain@Brest) Vive les semences libres et locales !

On entend en ce moment beaucoup parler des grainothèques, sans pour autant toujours savoir ce que ce terme signifie. L’association « graines de troc » a fait récemment germer une cinquantaine de celles-ci dans toute la France, en s’inspirant d’un mouvement né aux Etats-Unis, et Doc@brest souhaite promouvoir cette dynamique dans le pays de Brest. Retour sur un projet d’éducation populaire en mode participatif ….

Contexte général : privatisation des semences et biodiversité menacée Depuis les vingt dernières années, la biodiversité est en danger : 75 à 80 % de celle-ci a disparu, suite notamment à l’évolution de la réglementation, qui impose l’inscription des espèces végétales commercialisées au Catalogue officiel. Les semences traditionnelles, patrimoine naturel commun de l’humanité, sont en danger, au détriment de quelques semences standardisées … La majorité des graines (les semences hybrides F1) sont produites par quelques semenciers internationaux (Monsanto…), elles sont stériles, ne sont pas adaptées aux conditions locales, nécessitent plus de produits chimiques et doivent être rachetées chaque année.

De nombreuses associations (Kokopelli…)  se sont élevées contre cette « privatisation du vivant ». L’association Graines de Troc a d’abord lancé un système de troc de graines par voie postale, avant de s’inspirer d’un mouvement né aux Etats-Unis et de le transposer un peu partout en France, sur la base du volontariat : les grainothèques.

« Des grainothèques : pourquoi ?

  • Pour la gratuité dans un monde où tout s’achète
  • Pour la liberté d’échanger et de reproduire nos graines (traditionnelles)
  • Pour un entretien citoyen de la biodiversité cultivée
  • Pour des semences adaptées à notre territoire »

(extrait du site de graines de trocs)

Graines de troc a permis la création d’une cinquantaine de ces grainothèques, pour partager des graines traditionnelles, mais aussi lancer le débat, informer, sensibiliser les citoyens. Le projet vise à ce que chacun puisse librement partager les semences traditionnelles, mais aussi apprendre les savoir-faire pour les reproduire de manière autonome, hors-cadre marchand.

Ce projet interpelle le grand public (enfants comme adultes), et permet d’ouvrir le débat sur les biens communs, le partage, l’échange, la gratuité, et la sauvegarde de la biodiversité… Il peut aussi permettre, plus simplement, une transmission de connaissances relative au cycle végétal, aux saisons, et aux caractéristiques environnementales des territoires concernés. Les bibliothécaires, les documentalistes, les responsables de tiers-lieu jouent alors le rôle de médiateurs, pour informer l’usager sur ces différents enjeux. « Si l’on considère que les bibliothèques sont des lieux de « fabrique du citoyen », « le partage de semence », est un engagement citoyen que les bibliothécaires peuvent accompagner ». De la même manière, via les grainothèques, les bibliothécaires remplissent pleinement leur mission d’information et de partage de connaissances en direction des usagers. Enfin, la démarche participative constitutive des grainothèques correspond parfaitement à l’une des missions essentielles des bibliothèques et tiers-lieu : être des acteurs à part entière de la vie sociale d’un territoire, en favorisant les échanges et liens au sein de la population.

Comment ça marche ? Une boite de graines en libre-service Le fonctionnement d’une grainothèque est simple : le lieu d’accueil prépare une boite, met à disposition les sachets de graines (variétés paysannes), les modes d’emploi pour le lancement, et si possible désigne un animateur qui pourra répondre aux demandes des lecteurs. Chaque usager est ensuite invité à venir « emprunter » un ou plusieurs sachet(s) de graines, qu’il pourra remettre dans la boite en fin de récolte, ou bien le remplacer par une autre variété de semences traditionnelles de préférence…

Grain@brest : des grainothèques en Pays de Brest Plusieurs structures du pays de Brest, pour la plupart membres de la communauté Doc@Brest, envisagent prochainement de créer leur propre grainothèque (médiathèques, certains tiers-lieux ou associations, des centres de documentation privés ou publics …). Doc@brest joue ici un rôle d’animateur, de facilitateur et de propagateur d’idées, et souhaiterait fédérer cette dynamique, peut-être autour d’animations communes, de supports de communication commun, et pourquoi pas d’une carte en open source ?

Aux graines citoyens! A l’échelle du pays de Brest, si nous mettons en place un peu partout des « bibliothèques de graines », c’est tout le territoire qui y gagnera … Rajouté à d’autres dynamiques (incroyables comestibles …) et en renfort des actions des acteurs de terrain, le projet grain@brest est un projet utile à tous et qui va être rapidement amené à se développer.

Tags : Semences paysannes / semences traditionnelles / Kokopelli / biodiversité / biens communs / catalogue / patrimoine naturel / graines libres / gratuité / lutte contre l’uniformisation / système non marchand / solidarité / échange

En savoir plus? consultez l'article de scinfolex

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