Villes 2.0, mobilité, innovation sociale

De Forum des Usages Coopératifs

Présentation

Partager et échanger autour d'exemples concrets de services et d'actions existants dans lesquelles le potentiel "omniprésent" ou "mobile" du web et son inscription dans l'espace physique permet de développer des actions collectives allant dans le sens de processus d'innovation sociale.


  • Autour de 3 matinées :

1 Action collective et réseaux sociaux

2 Les mobiles, l'usager, la carte.

3 Pervasif, mobilité, relations et innovation sociale

  • Coordination : Ville de Rennes/Rennes Métropole - Hugues Aubin. ARTESI - Loic Hay.
  • Intervenants : Sylvain Maire (Fing, Correspondants.org), Simon Chignard (association Bug), Sébastien Dupas, Emile Hooge (Nova7, innovative cities).


Les usages de l'internet se font désormais de plus en plus au travers de nos pratiques nomades via la téléphonie mobile. On ne communique plus seulement de personne à personne mais avec "son réseau". Le net sort également de nos ordinateurs pour arriver dans l'espace public, les objets, sur les murs et les vitrines.

La démultiplication de l'accès (espace, temps, nombre) permet-elle d'imaginer un accroissement du potentiel d'innovation sociale par le développement d'usages collectifs ?

L'idée de cette session est de partager et échanger autour d'exemples concrets de services et d'actions existantes dans lesquelles le potentiel "omniprésent" ou "mobile" du web et son inscription dans l'espace physique semble déboucher sur des actions collectives allant dans le sens de processus d'innovation sociale (co-élaboration, intelligence collective, mobilisation, croisements, ruptures, actions).


Matinée 1 : Action collective et réseaux sociaux

Flashmobs, apéros géants, boycotts, mais aussi nettoyages de berge, entraide et co-voiturage : de l'intérêt de l'hybridation des réseaux sociaux avec le numérique au niveau local. Notion d'hyperlocal et questions. Statuts, groupes et micro-blogging. Notion de continuum relationnel et problèmes d'exclusion. Impact concret et évidences.


Les réseaux sociaux face au développement urbain dans les PVD : les pratiques collaboratives dans les favelas2.0 (Sylvain Maire)

Les pays en voie de développement (PVD), et plus encore les quartiers informels de leurs villes en pleine urbanisation, semblent encore loin des usages que nous promettent la ville2.0 et ses réseaux. C’est bien plus l’accès aux réseaux urbains (eau, assainissement, transport, déchets, etc.) qui a du sens dans ce contexte. Mais dans les faits, les réseaux numériques sont utilisés pour pallier à l’absence de services publics et urbains. Envoyer un sms pour collecter les déchets ou créer une base de données locale pour permettre l’adressage, tels sont les usages que l’on peut retrouver dans la favela2.0. Que ce soit pour la gestion de crise, la mise en place de conseils de quartier et plus globalement la coproduction des services urbains de la ville informelle, les pratiques collaboratives et les réseaux sociaux vont devenir un moyen d’action et de création de services publics. (=> Slides/présentation)


Matinée 2 : Les mobiles, l'usager, la carte

Dynamiques et exemples d'usagers-capteurs et de cartographiques contributives : green map, wide noise, observatoire des papillons de jardins du CNRS, alertes. Questions de l'identité individuelle et collective et de la liberté (traces explicites ou implicites). Rattachement de contenus numériques au "monde physique" par les tags. Exemples de Sticky bits, Layar, etc. Le tag comme outil collectif versus contribution individuelle. Clés pour créer soi-même un système simple et gratuit.


L’éditorialisation physico-numérique des territoires (Loïc Haÿ)

Complémentaires des évolutions du web (médias et réseaux sociaux, web des données, web temps réel, etc), le développement de l’internet mobile (le nombre des mobinautes aura bientôt rejoint celui des internautes) et l’émergence de l’internet des objets (dissémination de capteurs) permettent aujourd’hui de (co)produire des contenus et des services hybrides, qui combinent l’environnement numérique et l’environnement physique au sein d’un continuum de relation et de représentation. Réseaux pervasifs, téléphones et tablettes, bluetooth et NFC, codes 2D, GPS et réalité augmentée, écrans tactiles, interfaces naturelles ou tangibles, etc : de nombreuses technologies peuvent servir de support à cette hybridation physico-numérique. Pour actualiser leur potentiel d’usage et offrir à l’usager (individuel ou collectif) des capacités d’action et de perception aptes à enrichir positivement son expérience, les contenus et services du territoire hybride doivent être mis en scène et contextualisés dans l’espace et dans le temps. A travers quelques exemples d’outils (à utiliser soi-même) et de réalisations concrètes, nous explorerons les enjeux et les formes que peuvent prendre cette éditorialisation physico-numérique des territoires.


Participation et innovation : un nouveau rôle pour les usagers des transports urbains ? (Simon Chignard).

Paul annonce sur Twitter un incident sur sa ligne de métro, Marie lance un service d'autopartage à l'échelle de son quartier, Jacques équipe son vélo d'un GPS pour mieux le partager avec ses voisins. Crowdsourcing, information par et pour les voyageurs, transports amoureux : les usagers prennent l'initiative. Le contenu informationnel mobile est au centre des nouveaux services de mobilité. Comment la participation et la collaboration entre usagers peuvent-elles s'articuler avec les initiatives des opérateurs de réseaux de transport et les collectivités organisatrices ? Cohabitation, confrontation, collaboration : quelle place il y a-t-il pour un usager co-créateur d'un service de transport ?


Matinée 3 : Pervasif, mobilité, relations et innovation sociale

Exemples de bonnes pratiques d'innovation sociale utilisant le potentiel du "pervasif", du web 2 et de la mobilité. Ateliers SMS seniors, Plate-formes de réaction, weem sur l'université des aidants, Balades urbaines Ivry sur Seine, Montre verte, le projet Helsinki (carte temps réel des contributions citoyennes sur le site officiel avec délai de traitement), la réalité augmentée à La Courrouze. Renvoi à l'atelier intelligence collective. Problème du choc de temporalité/culture entre collectifs et institutions. Questions sur la capacité de synchronisation et d'organisation collective (échelle).


Animer l'espace public à l'heure du numérique (Emile Hooge).

L'espace public accueille des gens très différents et des usages très différents. C'est un peu son rôle d'ailleurs... C'est un lieu de vie ouvert à tous les individus mais aussi au collectif. Certains veulent pouvoir s'y déplacer sans être vus, d'autres au contraire veulent s'y montrer voire y exposer leurs talents artistiques ou oratoires. Certains veulent y faire des choses ensemble (cf. matinée 1 ci-dessus), d'autres s'y trouver tous seuls mais connecté au monde virtuel. Certains veulent s'y amuser, d'autres y apprendre des choses. Certains veulent que l'environnement s'adapte à eux, d'autres veulent transformer l'espace autour d'eux. Certains veulent s'informer, d'autres participer et donner leur avis... A travers quelques exemples de ces nouvelles pratiques de l'espace public rendues possibles par les technologies numériques (réalité augmentée, pervasif, réseaux sociaux, bluetooth, mobile, NFC...), nous pourrons discuter du rôle de l'institution publique (collectivité locale) dans l'aménagement et l'animation d'un espace public comme lieu créateur de lien social et propice à l'épanouissement des individus...


Usages mobiles et géolocalisés en milieu urbain, pourquoi, pour qui ? (Sébastien Dupas).

Du jeu à l'outil, à l'échelle du batiment comme à l'échelle de la ville, technologie et créativité permettent de développer des applications au service des usagers. Ces prothèses/capteurs participent à mieux pratiquer la ville d'aujourd'hui et construire la ville de demain. Penchons nous sur quelque exemples existants et, dans une démarche prospective, envisageons comment favoriser des réalisations parmi cette richesse des possibles. Il s'agit de fabriquer des passerelles numériques ou construites entre des données d'usages contextuelles et des usages projetés. Comment accompagner et faciliter chez l'architecte, l'urbaniste, le designer un travail collaboratif sur fond de démocratie participative et d'intelligence collective ?

Retour sur les 3 matinées