Contrib:Le e-tutorat : nouveau service avec de nouvelles compétences

De Forum des Usages Coopératifs

Forum des usages, édition 2014

une contribution de Briand Pierre-Jacques

Présentation

Je suis ingénieur pédagogique, titulaire d'une maîtrise en sciences de l'Education. Je suis également ingénieur e-learning, titulaire du Master 2 d'ingénierie du e-learning de Rennes 1.

J'habite dans la région de Châteaulin ( Finistère)

Je suis également Artiste et passionné par les TICE.

Description du projet

Le e-tutorat : nouveau service avec de nouvelles compétences

Par Pierre-Jacques Briand le 02/06/2014

Chers tous, J’envisage de développer une activité de soutien scolaire à domicile pour les collégiens. Fort d’un master 2 en ingénierie du e-learning, je cherche à valoriser les compétences acquises pendant cette formation universitaire. Je pensais, en développant le soutien scolaire, développer sous forme d’abonnement un tutorat à distance pour les collégiens. Or, cette formule s’avérait risqué. En effet, qui a entendu parler du e-tutorat (ou tutorat à distance) ? Pour réussir le e-tutorat sous la forme d’un abonnement mensuel d’une trentaine d’euros, il faudrait créer le besoin, bien l’identifier, et le vendre avec toute la force d’un département de marketing. Mais qu’est-ce que c’est que ce nouveau service, le e-tutorat… ? Plus qu’un nouveau métier c’est, il me semble, un nouveau service exigeant dont les objectifs sont de : • Maintenir un haut degré de motivation des e-apprenants • Aider et soutenir les e-apprenants • Apporter un soutien pour apprendre à apprendre avec les ressources disponibles et les outils NTIC • Apprendre à apprendre avec les autres • Faciliter le tutorat entre pairs (l’entraide) • Accompagner les changements • Faciliter le vivre bien et le vivre ensemble en présence et à distance des groupes d’apprenants

Après de longues réflexions, je me suis rendu compte que le e-tutorat ne pouvait pas s’exercer en interne dans les administrations nationales éducatives (Education Nationale-TELUQ) pour deux bonnes raisons. Une raison endogène : il est impossible pour une administration d’Etat comme l’Education Nationale de vouloir en interne favoriser le e-tutorat par les enseignants qui sont également responsable de la sélection des apprenants. Si tant est que que l’on essaye cela demande une charge de travail supplémentaire pour les enseignants mais qui la rémunèrera ? L’autre raison est également endogène. Il existe au Canada au sein de l’université TELUQ une armada de tuteurs à distance, et ceux-ci se sont fédérés en syndicat puissant, qui par son positionnement au centre du dispositif éducatif à distance qu’est la TELUQ possède beaucoup de pouvoir de blocage de l’institution. Un Etat regardant cette expérience canadienne ne peut donc pas raisonnablement engager une armada de tuteurs.

Le métier de e-tuteur (ou e-tutrice) ne peut donc à mon sens que s’exercer comme une profession libérale à l’extérieur de l’institution.

Or, nous savons que le tutorat et le tutorat à distance est la clé de voûte de l’apprentissage et des e-apprentissages car son impact sur la motivation des apprenants est très important. Seul un apprenant motivé réussit son parcours de formation ! Dans mon activité de soutien scolaire à domicile, je vais donc proposer le service de e-tuteur de 21h à 22h30, tous les jours scolaires et avec l’aide de logiciels de communication à distance. Ce surplus de travail est compensé par un gain financier dans la formule de soutien scolaire que je soumets et permet également une différenciation originale et attrayante me permettant de me faire raisonnablement ma place sur le marché du soutien scolaire à domicile. D’après mes calculs, l’activité de soutien scolaire à domicile correspond (en travaillant également le samedi) à une charge de 80h de travail par mois, soit un travail à mi-temps. Revalorisée avec le e-tutorat elle pourrait générer (dès que la demande sera forte) un salaire mensuel correct. En effet, l’activité de e-tuteur génère une valeur ajoutée dans le service de soutien scolaire et permet donc un coût de l’heure de soutien revalorisé. Pour l’instant, l’activité oblige à avoir un autre travail complémentaire (pour ma part ce sera celui d’artiste indépendant inscrit à la SACEM).

L’objectif sociétal d’insérer des e-tuteurs dans les dispositifs de formation est important ! - Trouver de nouveaux acteurs spécialistes de l’e-éducation et de la pédagogie à distance indépendants, compétents et médiateurs entre l’apprenant, la famille et l’enseignant. - Développer les nouvelles compétences attendues à l’orée de 2020 et répertoriées ci-dessous dans l’analyse de l’ IFTF : Les 10 compétences qui seront nécessaires en 2020 selon l’IFTF Publié par: Emilie Ogez dans Emploi / RH 27 mars 2013 La connectivité mondiale, les machines intelligentes et les nouveaux médias remodèlent notre vision du travail, ce qui le constitue et les compétences dont nous avons besoin pour être productif. L’Institute for the future (IFTF) a décrit les 10 compétences clés dont nous aurons besoin dans une dizaine d’année. Cette étude se différencie des études habituelles qui cherchent plutôt à établir une typologie des métiers futurs (avec des prédictions qui ne s’avèrent pas exactes). L’article de la FING a proposé une traduction de ces compétences que nous vous reproduisons ci-dessous.


Sense-making : capacité à déterminer le sens profond de ce qui est exprimé (différencier les homonymes, par ex) Social intelligence : capacité à se connecter aux autres d’une façon profonde et directe, à comprendre les réactions des autres et à stimuler des interactions Novel & adaptative thinking : capacité à penser et à arriver à des solutions et des réponses au-delà de ce qui est appris par cœur ou basé sur des règles Cross-cultural competency : capacité à travailler dans différents milieux culturels Computational thinking : capacité à traduire une importante somme de données et d’informations dans des concepts abstraits et à comprendre un raisonnement basé sur des données New-media literacy : capacité à évaluer et à développer du contenu qui utilise les nouvelles formes de média, et à s’appuyer sur ces médias pour une communication convaincante Transdisciplinarity : capacité à comprendre des concepts venant de diverses disciplines Design mindset : capacité à représenter et développer des taches et des processus de travail pour les résultats voulus Cognitive load management : capacité à filtrer l’information par importance, et à comprendre comment maximiser le fonctionnement cognitif en utilisant une variété d’outils et de techniques Virtual collaboration : capacité à travailler de façon productive, à mener une mission et à montrer sa présence comme un membre d’une équipe virtuelle.

Si vous souhaitez vous former au e-tutorat je vous recommande Monsieur Jacques Rodet, formateur et spécialiste dans ce domaine et également enseignant à Rennes 1. Si vous souhaitez devenir e-tuteur également, je suis à votre écoute lors du forum des usages coopératifs de Brest. Vous pouvez également me contacter par e-mail…

Bien à vous,

Pierre-Jacques Briand

Pierre-jacques.briand@laposte.net

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